Jeune Afrique et l’affaire Cheikh Bamba, un pas vers le Charlie Hebdo?

 

Jeune Afrique

Jeune Afrique tente un Charlie Hebdo…

Depuis quelques jours le magazine hebdomadaire Jeune Afrique est sous pression au Sénégal. Le 28 Janvier 2016, ce magazine avait publié une caricature de Cheikh Ahmadou Bamba, le  fondateur de la confrérie musulmane mouride du Sénégal. Ceci a suscité une forte réaction auprès des 3 millions des adeptes du Mouridisme qui exigent entre autres que ce Jeune Afrique soit censuré au Sénégal.

L’affaire Waly Seck et le contexte de cette cariture de Jeune Afrique

Sac de Waly Seck

Waly Seck et son sac à polémiqué

Tout a commencé avec une histoire de sac du jeune musicien Waly Seck que beaucoup avaient jugé d’être féminin et accusait cette mode d’avoir une tendance homosexuelle. Waly Seck a avait rejeté toute accusation d’homosexualité en disant  » demandez à vos soeurs si je suis un homosexuel » et en montrant des images des stars américaines tels que Kanye West portant le même style de sac. Jeune Afrique avait bien évidemment reporté sur cette polémique. La caricature du Cheikh Bamba était donc « une analogie humoristique » dans cette affaire… On ne peut qu’imaginer la colère des adeptes de cette confrérie musulmane, quand ils ont vu leur leader caricaturé et traîné dans une polémique d’homosexualité.

Des excuses de Jeune Afrique qui tombent sur des oreilles sourdes

Cariture du Cheikh Bamba par Jeune Afrique

La caricature du Cheikh Bamba

Les réactions des Sénégalais étaient immédiates sur les sociaux médias, et nombreux étaient descendus dans la rue après la prière du Vendredi (29/01/2016) pour exprimer leur colère. Le gouvernement Sénégalais avait aussi vite intervenu, condamnant cette publication. Son porte-parole, Seydou Guèye, avait déclaré ceci:  «A la suite du chef de l’Etat, le président Macky Sall, le gouvernement du Sénégal exprime toute son indignation et condamne, avec fermeté, cette maladresse incompréhensible et inadmissible de la part d’un organe de presse qui s’identifie à l’Afrique et censé connaître, défendre et promouvoir la culture et les valeurs africaines».

Avec des telles réactions violentes, Jeune Afrique avait immédiatement retiré la caricature du Cheikh Bamba, faite par leur dessinateur Franco Burkinabé Glez. Le magazine s’est excusé et s’est expliqué à deux reprises. Mais cela n’a tout même pas apaisé les cœurs des Sénégalais qui continuent d’exprimer leur colère en ligne. Il suffit juste de faire un tour la page Facebook de Jeune Afrique pour lire les commentaires des Sénégalais dans d’autres sujets d’actualité…

Par peur d’une éventuelle représaille officielle, notamment une censure, Jeune Afrique utilise les enseignements du Cheikh Bamba pour appeler au calme : « Lorsque l’un de vous se met en colère, qu’il se taise ! » a dit le Prophète. Car « Allah est doux et il aime la douceur en toute affaire »

                         Capture Jeune Afrique 1    Capture Jeune Afrique 2

Excuses et explications de Jeune Afrique

L’erreur de Jeune Afrique, le Charlie Hebdo Africain

Jeune Afrique avait sans doute voulu suivre la théorie « on peut rire de tout » de Charlie Hebdo. Ce dernier peut pour sa part compter sur le support de la majorité de ses lecteurs de l’occident qui sont « libéraux » et acceptent la notion de rire des figures religieuses. Mais, pour Jeune Afrique les données sont différentes. Bien que le magazine soit basé à Paris, ses publications sont largement achetées et lues par les Africains en Afrique et dans la diaspora.

Jeune Afrique est un magazine panafricain qui publie en Afrique depuis plus de 50 ans. Ils connaissent sûrement la culture et valeurs de nombreux de ses lecteurs, dont les Sénégalais. Ils n’ignoreraient pas que ces derniers étant des Musulmans ne toléreraient pas des caricatures de leurs figures religieuses, comme beaucoup d’autres Musulmans à travers le monde. Ils ont néanmoins pris le risque de publier la caricature du Cheikh Bamba, offensant ainsi nombreux de ses lecteurs Sénégalais. Ils ont quand même été sensible et se sont excusé. Une censure dans un pays tel que le Sénégal aurait sérieusement affecté la vente et la réputation du Magazine.

La vie continue…

L’erreur est humaine. Jeune Afrique a présenté ses excuses pour avoir publie cette caricature du Cheikh Bamba. Les Sénégalais devraient donc essayer de pardonner. Le pouvoir que la religion a sur ses adeptes restera toujours un mystère pour beaucoup. La réaction des Sénégalais a démontré une fois encore que la voix du peuple peut forcer des changements du plus haut.

On ne peut pas alors s’empêcher de se poser cette question: où seriez l’Afrique politiquement et économiquement, s’il y avait plus d’Africains qui protestaient contre nos politiciens et leurs collaborateurs à chaque fois qu’ils portent attente à nos droits?

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