Debout Congolais: au delà des réseaux sociaux…

Depuis des années, la situation au Congo est catastrophique. Nous avons déjà perdus plus de huit millions des nôtres. Nos mères, nos sœurs, et même nos grand-mères sont sauvagement violées chaque jour, et nos enfants sont kidnappés pour devenir des soldats ou des esclaves sexuelles. La liste des atrocités commises sur les Congolais est longue, et nous révolte.

Chaque année, nous observons des “hautes saisons” de tension pendant lesquelles ces atrocités sont plus accentuées et plus difficile à digérer: les  massacres de Beni, les meurtres des civiles lors des marches en Janvier 2015 et en Septembre 2016. C’est aussi pendant ces périodes que les images des victimes du système circulent  sur les réseaux sociaux. Ces images sont du genre  » âmes sensibles s’abstenir » et ne laissent aucun Congolais indifférent.

Enfant soldat Congolais

Des enfants soldats Congolais

Les Congolais sont en colère face à ces situations inhumaines, et sur les réseaux sociaux, beaucoup exigent un changement immédiat. Mais, lorsqu’il faut intervenir avec des actions concrètes, ce n’est qu’une poignée de gens qui s’engagent. Ce phénomène assez répandu est connu sous le nom de  » ba combattants ya facebook » dans les milieux congolais.

En effet, ce manque de participation dans les actions communautaires indignent souvent  nos frères et sœurs engagés. Quand des membres de la diaspora Congolaise organisent, par exemple, des réunions ou des campagnes, nos compatriotes se mobilisent à peine. C’est le même constat quand on organise des ateliers culturels ou éducatifs pour nos enfants et jeunes gens.

Certains haussent donc le ton pour résoudre ce problème. Mais cela risquerait d’aliéner et d’éloigner d’avantage nos compatriotes les moins actives dans la communauté. Le Congo va mal, et l’heure n’est pas à la division. Ces affichages de patriotisme sur les réseaux sociaux indiquent déjà une prise de conscience. Nous avons donc besoin, entre autres, des bonnes initiatives et d’un leadership excellent pour transformer cette prise de conscience en actions concrètes. Il est aussi primordial de connaître la source du désintérêt de nos compatriotes pour y remédier et atteindre nos objectifs.

Une demonstration par l'organisation Mothers of Congo

Une démonstration par l’organisation Mothers of Congo

Nous savons, par exemple, qu’il existe une méfiance quand on parle de finance dans les organisations congolaises. Dans la diaspora de Londres, il y a eu plusieurs collectes de fonds dans le passé, mais aucun compte rendu. Comment voulez-vous que l’on vous fasse confiance? Très souvent, un manque de transparence ou de communication dans les affaires d’ argent sous entend une mauvaise gérance ou une fraude. En effet, le silence permet le colportage des rumeurs tel que ba liaki mbongo, et brise la confiance. Si vous avez des organisations, des groupes ou faites des collectes de fonds , mettez en place des mesures qui rendront vos affaires/votre organisation transparente. Tachez aussi de toujours rendre des comptes à vos supporteurs.

Un autre problème assez commun, c’est que beaucoup font l’amalgame entre être engagé et faire de la politique. Et par conséquent certains  pensent devenir d’emblée des cibles  du gouvernement congolais s’ils s’impliquaient dans activités de sensibilisation. Il faudrait donc rassurer nos compatriotes qu’on peut être apolitique et engagé à amener un changement positif chez nous.  A travers le monde nous avons une diversité des mouvements Congolais qui nous donne une multitude de choix. Il y a, par exemple, des groupes qui luttent pour l’émancipation de la femme congolaise, d’autres qui défendent les droits de nos enfants, ou encore ceux qui veulent faire reconnaître le génocide Congolais. Brisons donc cette confusion, et encourageons nos compatriotes à supporter les initiatives congolaises déjà en place.

Il y a en effet plusieurs plusieurs organisations qui travaillent honnêtement pour faire avancer les choses dans notre communauté. Si nous leur apportons notre appui, ils feront encore plus. A Londres, par exemple, les jeunes du groupe CAYP organisent depuis 2013 la journée commémorative des morts des guerres du Congo, le GENOCOST.  Chaque année, ils lancent un appel de soutient visant à recruter des bénévoles pour aider dans l’organisation de cette si journée importante. Il y a aussi d’autres organisations qui font avancer les choses tel que l’asbl Bana Mboka en Belgique, Friends of Congo et Georges Malaika Foundation aux États-Unis, ou encore Mothers of Congo en Angleterre. C’est en prenant des mesures audacieuses qu’on se fera respecter comme peuple autonome, capable de se prendre en charge.

Toute révolution, tout changement vient des actions concrètes, et un peuple conscient le sait. C’est bien d’être actif  et conscient sur les réseaux sociaux, mais faisons aussi pareil sur le terrain. C’est maintenant qu’on doit faire la différence, et toute contribution compte. Alors, debout Congolais, to telema. Soutenons-nous et prenons des actions pour le changement social, économique, culture et même politique de notre pays et communauté. Ensemble nous sommes plus forts et irons plus loin.

Genocide congolais

Ingeta

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