Trafic sexuel des femmes Africaines

Je me rappelle lire des histoires des femmes africaines victimes de trafic sexuel en Europe. A l’époque, jeune que j’étais, je ne comprenais pas comment c’était possible de traiter des femmes si indignement en occident, l’eldorado de beaucoup d’africains. Ces questions étaient devenues moins énigmatiques lorsque j’ai grandi. Quand j’ai émigré en Europe j’entendais de moins en moins ces histoires; on aurait pensé que le trafic sexuel de nos sœurs africaines était fini. Mais hélas…

Le calvaire continue pour beaucoup des femmes africaines victimes de ce trafic pervers. Et chaque année, il y a des nouvelles vagues de victimes qui débarquent dans plusieurs pays occidentaux.  En 2016, certains media ont accordé une attention particulière sur le trafic sexuel des jeunes femmes Nigérianes. The Guardian en Angleterre a produit un reportage sur ce problème, et Jeune Afrique a écrit un article  sur cela.

C’est révoltant de savoir que nos sœurs africaines souffrent sous les mains des trafiquant qui leur promettent une meilleure vie. Ces vendeurs des faux paradis choisissent bien leurs cibles: des femmes vulnérables venant des milieux démunis. Ils offrent à leurs victimes le voyage en occident, et leurs promettent un travail décent une fois là-bas. Pour des jeunes femmes démunies, cette proposition est un miracle pour les faire sortir de la misère. Par conséquent, beaucoup ne pensent pas au trafic sexuel et l’acceptent sans se poser des questions.

Ce miracle se transforme très vite en cauchemar pour beaucoup. Une fois qu’elles arrivent en occident, leurs soit disant bienfaiteurs confisquent leurs passeports. C’est là qu’elles réalisent qu’elles sont victimes de trafic sexuel. Ces prédateurs obligent nos sœurs à se prostituer pour “rembourser” les frais de voyage ainsi que couvrir les dépenses de tous les jours . Elles deviennent donc des esclaves sexuelles dans des pays dite de “liberté”. Elles subissent un lavage de cerveau ignoble. En effet, beaucoup finissent par accepter qu’elles ne valent rien, et que personne ne peut les sortir de ce trou. Sans famille, sans amis, et sans passeport dans un pays étranger, ces femmes demeurent dans l’esclavage sexuel pendant des années.

trafic sexuel africaine

Prostituées Africaines en Italie

La nature de ce qu’elles font rend leur situation encore plus difficile. Le sexe et la prostitution demeurant des sujets tabou, même en occident, nos sœurs sont automatiquement vues d’un mauvais œil. Elles sont mises dans une catégorie sombre, sans même qu’on ne connaisse leurs histoires. En effet, presque personne ne veut connaître leur histoire. On les évite comme la peste, à moins qu’on désire leurs services. On oublie qu’elles sont des sœurs, des filles, et voir même des mères. Cette chosification du corps de ces femmes a un effet psychologique sévère sur elles. Beaucoup deviennent donc des droguées pour s’évader de cet insupportable réalité.

S’ajoute à ce tabou, l’individualisme et la liberté de choix que prône la société occidentale. De peur d’être indexé de non conformiste, beaucoup de personnes ne cherchent pas à connaître les raisons qui poussent certaines femmes dans ce métier. Alors, comment nos sœurs victimes peuvent-elles s’en sortir quand d’une part on les perçoit comme des sujets tabou à cause de leur métier, et d’autres part on ne pense pas à les faire sortir de ce métier parce qu’on assume qu’elles l’ont choisi? Dans des circonstances pareilles, l’espoir de s’en sortir un jour devient plus qu’une utopie pour nos sœurs victimes.

Quelques femmes se libèrent quand même de cet esclavage sexuel. Certaines s’évadent, et d’autres se trouvent des personnes généreuses (souvent leurs clients) qui négocient/paient pour leur liberté. Ceci fut le cas d’une Nigériane en Italie, Princess Okokon, qui combat actuellement contre le trafic sexuel des Nigérianes. Mais y a t-il des bons samaritains pour les femmes congolaises, togolaises, ivoiriennes, ou camerounaises qui sont aussi victimes de ce trafic?

Le meilleur moyen de tacler ce problème serait bien évidemment d’améliorer les conditions de vies dans nos pays Africains. Mais sachant que ceci prendra des années, voir des décennies, on doit penser à des solutions pour protéger les nôtres. Nous devons entre autres parler des certaines réalités des pays occidentaux que beaucoup ignore, tel que les difficultés que traversent ceux qui vivent dans la clandestinité, les problèmes de racisme, l’existence des grand réseaux de pédophilies et de trafic sexuel bien protégés, et aussi comment le sens de communauté et d’entre-aide est presque non existant ici. Ceci pourrait aider certains Africains a être plus méfiant sur les projets de voyage vers l’occident.

Ne serait-il pas mieux de vivre en liberté chez soi, que venir vivre l’enfer dans un pays occidental où on deviendrait esclave sexuelle sans dignité? Mes sœurs, renseignez-vous avant de vous lancer dans des aventures européennes qui sembleraient peu crédibles. Et pour ceux qui trafiquent les membres de leurs familles, leurs connaissances, ainsi que d’autres innocentes, ayez un cœur. Bien que vulnérables et démunies, vos cibles sont des humaines qui méritent aussi le bonheur. L’argent vient et part, mais les effets du trafic sexuel restera avec ces femmes pour le reste de leurs vies. Pensez-y.

 

Comments

comments

Share this
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :