8 mars en Afrique: Emancipons d’abord nos filles, et le reste suivra

Le 8 mars marque la journée internationale de la femme. Ce jour est donc fortement lié à la prise de conscience sur la condition de la femme, notamment son émancipation. C’était en 1977 que l’ONU avait encouragé les pays à consacrer une journée à la célébration du droit de la femme. Aujourd’hui cette journée est plus célébrée dans les pays « en voix de développement » qu’ailleurs.

En Afrique, surtout l’Afrique Subsaharienne, les célébrations du 8 Mars se ressemblent fort. Les femmes achètent des pagnes spécialement faits pour la journée, elles participent à des défilés organisés pour la journée, et beaucoup font la fête pour marquer cette occasion. Toutes ces activités à grande pompe sont censées envoyer un message clair aux hommes, à la maison et au pouvoir : l’égalité des sexes à travers l’émancipation de la femme est un droit.

Si l’émancipation est définit comme « action de s’affranchir d’un lien, d’une entrave, d’un état de dépendance, d’une domination, d’un préjugé. », il est difficile de croire qu’un seul jour dans les 365 jours de l’année nous conduira à notre objectif. En tant que femmes Africaines, nous devons donc entreprendre des actions concrètes si nous désirons réellement nous affranchir des barrières culturelles, économiques voir même spirituelles qui nous imposent à être inférieures à nos frères.

Le 8 mars symbolise ce désir de changement, mais ce n’est pas le changement en soi. Aujourd’hui, personne n’ignore qu’en Afrique Subsaharienne, cette journée est devenue synonyme à la fête et aux pagnes. Cet aspect festif qui est de plus en plus dominant est en effet une mascarade qui met le sens réel de cette journée en second plan.

8-mars au cameroun 2013          8 mars 2016

Les célébrations viennent après des victoires car elles symbolisent le succès. Or, la femme africaine a effectué peu de progrès à l’égard de son émancipation, alors pourquoi fêtons-nous quand notre lutte est toujours en cours? Nombreuses de nos sœurs sont financièrement dépendantes de leurs maris ; en effet les pagnes que la plupart de femmes Africaines portent le 8 mars sont achetés par leur maris ou copains ou peut être frères. Beaucoup n’ont pas été à l’école tout simplement parce qu’elles sont femmes, et certaines ont été forcées dans leurs mariages. Cette journée du 8 mars devrait donc être une journée de réflexion et d’actions concrètes pour la femme Africaine qui veut s’émanciper.

Ça fait des années que nos pays Africains fêtent la journée du 8 mars. Au Cameroun, par exemple, ils le font depuis 1986. Mais nous ne voyons que peu de changement dans la condition des femmes dans nos pays. La fille Africaine demeure la moins scolarisée dans le monde, et le corps de beaucoup de nos sœurs, tel qu’au Congo, sont utilisés comme arme de guerre (par le viol). Nous avons vraiment du pain sur la planche, et devons donc explorer des nouveaux terrains pour trouver des vraies solutions à nos problèmes.

Capture

Nous devons confronter nos problèmes à partir de leurs sources. Ceci nous donnera des résultats plus solides et authentiques, et notre démarche vers l’émancipation de la femme Africaine aura de moins en moins une connotation de « produit importé des blancs ». La source pour nous, c’est la fille Africaine. Avant de devenir femme nous étions fille. C’est là que le travail commence. Battons-nous pour changer comment nos filles sont traitées dès le bas âge. Elles doivent être émancipées, car une fille émancipée a plus de chance de devenir une femme émancipée.

Emanciper nos filles veut tout simplement dire leur donner les mêmes chances que nous donnons à nos garçons. Bien que la pauvreté soit un facteur dans ce problème, c’est plus certains de nos croyances culturelles et traditionnelles qui nous posent des gros obstacles. Très souvent, il y a des parents qui choisissent d’envoyer leur garçon à l’école au lieu de leur fille, non pas sur base de leur capacité intellectuelle ou différence d’âge, mais purement sur leur sexe. J’ai lu et vu lors de mes recherches dans le système éducatif au Burkina Faso, comment les filles étaient facilement rappelées de l’école, comment elles rataient des cours ou étaient en retard parce qu’elles devraient avant toute chose aider à la maison.

Dans beaucoup de nos traditions, on dit que la place de la fille (qui deviendra la femme) est à la maison, à s’occuper de la famille. On leur dit que quand elles se marieront, elles appartiendront à leurs maris. Nous devons donc commencer la sensibilisation à ce niveau pour que ceux qui le font apprennent à valoriser leurs filles comme ils le font avec leurs garçons. Nous devons aussi lutter contre cette conception de l’investissement dans l’éducation de filles comme un gâchis parce qu’elles se marieront et appartiendront à leurs maris. C’est ça même la base de nos problèmes, la fille et plus tard la femme n’est pas un objet ni une commodité pour qu’elle appartienne à son père et puis à son mari.

Quand ce changement de mentalité sera mis en place, quand nos filles seront égales à nos garçons, ce sera là le commencement de l’émancipation réelle et authentique des femmes Africaines.

 

Journée-de-la-femme 8 mars

 

 

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3 réflexions au sujet de « 8 mars en Afrique: Emancipons d’abord nos filles, et le reste suivra »

  • Salut Kongomum? Comment vas-tu? Est-ce que possible pour traduire vos postes d’Anglais? I hope I got that right. I tend to find your posts very informative but since I can’t really read French without a French to English dictionary to check on a couple of word meanings, I thought I should request this if it’s not too much for you. Would it be possible for you to do an English and French version for all your posts? I’m sure the French speakers would really enjoy a translated version of the English one and so would us English speakers equally enjoy a translated version to English. It’s just a suggestion from an avid follower of your blogposts.
    PS: Changed my blogname from proudlyfeminist to this for professional reasons.

    • Hey Lorna, thanks for your lovely message. It’s always been my intention to write in English and French. But for the past month, I’ve been very restricted, as my little one was poorly and changed many of her usual patterns. So I’m adjusting to these changes. I hope to go back to writing more in both English and French this month. I’m currently working on an English post for next week, and will translate this post to be ready for mid May.

      P.S: I hope the magazine project is coming along good. 🙂

  • Sorry about your little one. I do understand. The magazine project stalled a bit and I’m considering an online one. Will still have you in mind once I’m on my feet in that project. Sending positive vibes your daughter’s way.

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